LE PANZERKAMPFWAGEN III

Publié le par jean-gabriel dupuy

     En 1935, les sociétés MAN, Daimler-Benz, Rheinmetall-Borsig, Krupp furent chargées de l'étude d'un char de 15 tonnes. L'examen des  prototypes eut lieu en 1936 et le choix se fit sur le modèle présenté par Daimler-Benz.
     Dix prototypes du type A furent réalisés, dont huit armés d'un canon de 37mm. Ils se caractérisaient par une suspension à ressorts hélicoïdaux avec de chaque côté 5 galets de roulement à grand diamètre. La version B fit son apparition en 1937 (présérie de 15 exemplaires) avec deux jeux de 8 galets de roulement.


     Pour en faciliter la fabrication, le Pz.Kpfw III était réalisé par assemblage de quatre composants préfabriqués, le châssis, la tourelle, les superstructures antérieure et postérieure. Les structures de chacun de ces éléments étaient soudées entre elles et le montage final se faisait par boulonnage. Une cloison divisait le châssis en deux compartiments. Dans le compartiment avant se trouvaient l'équipage, la transmission et le système de direction. A l'avant de la superstructure antérieure, on avait ménagé la trappe d'accés du pilote et le support sphérique de la mitrailleuse. La visibilité latérale était facilitée par le jeu de prismes des hublots. Dans certaines versions, des sorties de secours étaient ménagées dans la portion centrale du châssis. A la partie antéro-supérieure se trouvaient les trappes d'inspection des freins, lesquelles étaient utilisables par l'équipage pour l'évacuation d'urgence.
     La tourelle aux parois soudées abritait le chef de char, le tireur et le chargeur. Leurs sièges étaient solidaires de la tourelle dont ils suivaient les rotations. Cette tourelle avait des trappes d'accès latérales à double battant et de nombreuses tapes de tir.
     La pièce de 50mm, jumelée à une mitrailleuse, était dotée d'une protection externe. En revanche celle de 37mm possédait un masque à l'intérieur. Le chef de char disposait d'un tourelleau situé à la partie supérieure de la tourelle (avec 5 prismes pour regarder à l'extérieur) , sur lequel étaient aussi ménagés les orifices de ventilation et de signalisation.
     Les barbotins se trouvaient à l'avant et les poulies de renvoi à l'arrière. La suspension des deux rangées de six galets de roulement caoutchoutés (dont le premier et le dernier munis d'amortisseurs) était du type à barre de torsion. De chaque côté, trois galets de soutien assuraient le guidage du roulement de la partie supérieure de la chenille constituée de 93 patins en acier au manganèse.

 
     La dernière variante de la présérie porta la lettre E. Réalisée à 41 exemplaires, elle reçut un nouveau moteur et le système définitif de suspension, à barres de torsion avec 6 galets de roulement de chaque côté. Une mitrailleuse avait été ajoutée sur l'avant du châssis.
     Il est intéressant de noter que , contre l'avis du général Guderian, on s'entêta jusqu'en 1938 à limiter à 37mm le calibre de l'arme principale. Quand par la suite il fut décidé d'installer une pièce de 50mm, la définition de celle-ci subit de tels retards qu'elle ne put être montée sur les chars de série du type F livrés au début de 1940. Ces chars demeurèrent donc sensiblement inchangés par rapport à la présérie du type E. Et même le type G, qui différait du précédent par le tourelleau et par l'épaisseur du blindage, reçut initialement le canon de 37mm. Mais dès la fin de 1940 on commença à armer les deux versions F et G du canon de 50L/42, cela contre la volonté de Hitler qui lui préférait très justement le 60L au tube plus long, mais dont la mise au point et l'industrialisation étaient elles aussi en retard sur le programme


     Le tourelleau du chef de char , qui était apparu avec cette version G, demeura inchangé jusque sur le type J. Ce dernier présente l'intérêt particulier d'avoir reçu le premier le canon de 50mmL/60 qui ne fut monté toutefois que sur les derniers exemplaires de la série. Avec la version J apparaît aussi le nouveau support sphérique de la mitrailleuse frontale.
     Le Pz.Kpfw III Ausf.L dont la mise en fabrication date de 1941 ressemblait de très près aux derniers modèles de la version J, avec en plus un second blindage frontal séparé du premier devant les superstructures et le masque du canon; quant aux versions L et M, elles furent normalement dotées de plaques de blindage latérales additionnelles pour une meilleure protection des flancs et de la tourelle. Sa présence ôtait toute raison d'être aux fentes de visée latérales de la tourelle qui disparurent. En raison de l'augmentation du poids, la suspension dut être renforcée.
     La dernière version industrialisée fut la version N qui commença à sortir des usines vers la fin deIII 1942. Elle se reconnaissait à son canon de 75mmL/24, le même qui allait armer les premières versions du Pz.Kpfw IV, successeur du  III,  et qui arma aussi quelques exemplaires du type L.



     Quelques exemplaires du panzer III furent produits ou aménagés en chars de commandement. Pour leur éviter de se faire repérer trop facilement, ils étaient dotés d'un faux canon. En réalité ils n'étaient pas armés, tout leur volume utile interne servant à l'installation de postes de radio complémentaires et d'une table à cartes. Dérivés des versions D,E et H, ils se trouvèrent fréquemment en difficulté pour leur défense individuelle, ce qui conduisit finalement à la définition de la version K qui conservait sa pièce de 50mm. Appelés Panzerbefehlswagen III, ces chars de commandement se caractérisaient en outre par l'antenne arrière à treillis métallique et deux autres antennes fouet à droite et à gauche de la tourelle.
     Toutes versions cumulées, il en fut produit 5572 exemplaires dont 549 avec canon de 37mm, 2394 avec la pièce de 50mm court, 1969 avec la pièce de 50mm long et 660 avec le canon de 75mm. La cadence maximale des sorties mensuelles atteignit 108 chars.
     A partir de 1943, la production des chars cessa pour faire place à celle des Sturmgeschutz, canons d'assaut qui étaient d'ailleurs industrialisés en petite série depuis 1940.


     Prévu pour former la dotation de trois escadrons (à 22 chars) sur les quatre d'un régiment de chars, le Pz.Kpfw III reçut à ses débuts, du fait de sa relative rareté (98 exemplaires), la mission d'appuyer les engins plus légers pendant la campagne de Pologne. Par la suite, il fut engagé avec succès en unités constituées sur tous les fronts jusqu'à l'apparition du T34 soviétique. De ce jour date le déclin du Pz.Kpfw III. Mais son châssis continua d'être produit pour servir de support à la meilleure des artilleries d'assaut, à base de pièces de 75 et de 105mm. 

  

    

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