Michaël Wittmann à Villers-Bocage

Le commandant de la deuxième compagnie du schwere SS-Panzerabteilung 101 est le plus célèbre de tous les officiers de l'arme blindée.
Le SS-Obersturmführer Michaël Wittmann et son équipage ont déjà détruits près de 120 chars soviétiques avant de combattre en Normandie.Quand il tombera près de Cintheaux le 8 août, Wittmann aura 138 chars à son tableau.
Sous-officier à la Leibstandarte SS Adolf Hitler en 1940, il a d'abord servi dans l'unité de canons d'assaut. Affecté à la nouvelle compagnie de Tigres de la division au début de 1943, il acquiert rapidement une totale maîtrise de son nouveau matériel. En 1944, on lui confie la 2ème compagnie du nouveau bataillon de Tigres du 1er SS-Panzerkorps.
Promu hauptsturmführer en juin, il prendra le commandement du bataillon au complet.
Le s.SS-Pz.Abt.101 est le bataillon de chars lourds organique du 1er corps blindé SS. Celui-ci a été constitué sur le front de l'Est durant l'été 1943. Au moment du débarquement, il se trouve dans la région de Beauvais, pour se rendre en Normandie, il passe par Paris et n'atteint la zone des combats que le 12 juin dans la région de Villers-Bocage.
La compagnie du célèbre lieutenant est camouflée dans un petit bois au nord-est du bourg. La 1./SS-Pz.Abt.101 aux ordres du capitaine Möbius se trouve sur la droite. Wittmann a réussi à prendre avec lui le pointeur Woll avec qui il a remporté le plus gros de ses succès en Russie; bien que ce dernier soit chef de char lui-même.Le 13 juin, il veut observer le terrain de lui-même jusqu'à Balleroy au nord-ouest. Le bruit que la 7e DB britannique a bousculé l'aile gauche de la Panzer-Lehr-Division, en ligne plus au nord, se confirme. Le char isolé gravit la pente sud-est de la côte 213 qui se trouve en plein sur la route qui mène de Caen à Villers-Bocage. Dans ses jumelles, Wittmann voit des colonnes blindées britanniques qui montent la route venant de Villers-Bocage! Un message radio est aussitôt expédié à la 2ème compagnie pour rallier tous les Tigres disponibles sur lui. Doucement, le char de Wittmann va s'embusquer dans un petit bois proche. A la corne nord-ouest, il aura un champ de tir idéal.
Sur la N.175 roulent des blindés de la 22ème brigade blindée de la 7ème Armoured Division ("The Desert Rats"). Il y a aussi des éléments de la 1st Rifle Brigade, deux escadrons du 8th Hussars et des éléments du 1er corps blindé. Tout ça Wittmann l'ignore encore. Le véhicule de tête est maintenant à 100m de la corne du bois où est embusqué le Tigre. Le moteur rugissant, le monstre se jette littéralement à l'abordage de la colonne britannique. Les obus de 88 frappent à bout portant. Lentement le char remonte la colonne, tirant sans arrêt. Chars, motos, camions, half-tracks, chenillettes brûlent, répandent des débris de ferraille sur la chaussée. Trois Cromwell sont déjà détruits quand la radio de bord annonce que d'autres Tigres arrivent pour se joindre au char de Wittmann, puis les huit chars de Möbius arrivent à leur tour portant à treize le nombre des chars lourds allemands engagés dans Villers. L'un d'entre eux est détruit par deux coups de lance-roquette puis c'est au tour du char de Wittmann d'être touché et d'autres encore, les Tigres ne sont en effet accompagnés d'aucune infanterie et les redoutables casseurs de chars britanniques s'en donnent à coeur joie. Villers-Bocage sera reprise par un Kampfgruppe de la Panzerlehr-Division et des éléments de la 2ème Panzerdivision. Plusieurs Tigres pourront être récupérés par les allemands et remis en état.
L'intervention du seul char de Wittmann a été décisive. Toute la manoeuvre britannique qui aurait pu encercler la puissante Panzer-Lehr a été déjouée par ce seul officier. Le général Bayerlein le propose pour les glaives à la Croix de chevalier de la Croix de Fer. Les combats du 13 juin ont coûté 27 chars à la 7ème DB britannique. La 22ème brigade a perdu près de 200 hommes, la 4ème Rifle Brigade plus de 60. Wittmann reçoit sa décoration le 22 juin et, quelques jours plus tard, il peut accrocher sur ses pattes d'épaule la seconde étoile de capitaine (hauptsturmführer).
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