Le rôle de la division Piré à la bataille de Waterloo
La division de cavalerie légère du général Piré est rattachée au 1° corps du général Reille, et occupe l'extrème gauche du dispositif français non loin de la ferme d'Hougoumont. Elle est composée de deux brigades : la première, commandée par le général baron Huber, est composée de deux régiments de chasseurs à cheval, le 1° et le 6° et est, au début de la bataille, placée en arrière de la brigade du prince Jérôme. La seconde, sous le commandement du général baron Wathiez, comprend les 5° et 6° régiments de chevau-légers lanciers. Elle est initialement déployée sur la gauche des chasseurs à cheval, à gauche du chemin qui relie les hauteurs de Rossomme à Braine-l'Alleud. Elle occupe par conséquent la position la plus à l'ouest de toute la disposition française.

La mission de Piré est avant tout d'assurer la sécurité du flanc gauche français en contrant les tentatives éventuelles de débordement par la cavalerie alliée.
La brigade de lanciers de Wathiez reste sur sa position en formation compacte, de manière à pouvoir intervenir rapidement en cas d'attaque ennemie.
Voici comment le major Rice du 51° régiment d'infanterie anglais a vu ces troupes : "Les français avaient une ligne de cavalerie sur notre front et sur leur arrière à une distance considérable, je pouvais percevoir un corps de lanciers qui, sans nul doute, attendait quelque moment favorable pour avancer."
Dans l'après-midi, après 15 heures, la brigade Wathiez fait un mouvement rétrograde et vient se ranger en bataille de chaque côté de la route de Nivelles, un peu en arrière de sa position initiale. Ce mouvement a probablement été effectué pour échapper aux tirs de l'artillerie alliée qui pouvait facilement atteindre les cavaliers français incapables ni de riposter, ni de se protéger.

De toute la journée, les lanciers ne feront pas d'autre mouvement et ne seront pas attaqués. Vers 16 heures, la brigade de cavalerie légère du général Grant va bien s'avancer le long de la route de Nivelles dans le but d'attaquer la division Piré, mais comme les grandes charges de la cavalerie française commençent au même moment, Grant change ses plans et fait faire demi-tour à ses cavaliers pour s'attaquer plutôt aux cuirassiers français.
Vers 19 heures 30, Piré fait avancer ses cavaliers pour soutenir, comme tout le reste de l'armée, l'attaque de la Garde Impériale, mais celle-ci repoussée, il devra faire retraite mais sans confusion et en bon ordre, comme le raconte le lieutenant Henckens : "Le 18 au soir, la division Piré resta à la hauteur de la Garde Impériale que nous avons soutenue autant qu'il était en notre pouvoir. Il y eut plusieurs coups de sabre échangés, mais nous ne nous laissâmes pas entamer. La nuit venue, nous fîmes retraite par Quatre-Bras sur Charleroi, où nous arrivâmes le 19 entre 5 et 6 heures du matin..."
En conclusion, même si la division du général Piré reste dans l'expectative la plus grosse partie de la journée du 18 juin , on peut cependant affirmer qu'elle a parfaitement rempli son rôle qui consistait à protéger le flanc gauche de l'armée française et ce malgré la faiblesse des effectifs dont disposait Piré pour effectuer sa mission.
A aucun moment, ni la division Chassé ni la cavalerie alliée, ne tenteront d'inquiéter l'aile gauche française.